AUBE, NEIGE, BLOK :
concordances..: Christian Désagulier
typographie,
illustrations & design: Julia
TABAKHOVA
88 pages, 35 €
ISBN 978-2-9535218-1-8
Comment rendre compte de
l’impossible à traduire la poésie
d’Alexandre Alexandrovitch Blok ?
On connaît moins mal Les Douze , le
poème rédempteur de la révolution
d’Octobre traduit maintes fois, que les clairs-obscurs Vers
à la belle dame à
l’énigmatique parfum de lys.
Poèmes filants, tous créés de mots
choisis pour
leurs sonorités de roulements de cailloux des
rivières
dans la bouche, de gouttes d’arcs d’eau aux
fontaines de
l’esprit, d’interférences à
la surface
vibrante des choses qui nous rendent Blok si consubstantiel.
La musicalité serait produite par une combinatoire
de
désignations primordiales en nombre fini, permutations de
sensations physiques qui font qu’on s’amourache,
qu’elles s’acheminent au cortex par tous les nerfs
avec une
prédominance pour l’optique, l’auditif
et les
capteurs cutanés..
Des leitmotive et da capo au pictorialisme sensuel, il n’en
fallait pas davantage pour tester une concordance et
vérifier
sur le premier poème du recueil des Vers
à la Belle Dame, dame, qu’elle ..
concorde !
Et davantage qu’une Ouverture, un Préambule,
il y a de l’Aube, au
sens de la lyrique médiévale
provençale, telle que
chantée par Raimbaud de Vaqueyras, mais par Rimbaud Arthur
aussi..
N’y a-t-il pas aberration à opérer
telle explosion
sémantique sur un seul poème quand
l’outil
probabiliste demanderait à ce que soit
considéré en bloc le recueil des Vers ?
Cela d’après une tentative de traduction, sur des
mots qui
ne sont pas ceux rigoureusement choisis par le poète
russe ? Que le traducteur profane compte sur ses doigts au
crépuscule ?
Oui, oui et oui, pourvu que ces aberrations soient chromatiques, les
sonorités réverbérées, que
leur toucher
soit cristallin, ouvre au monde d’Alexandre Blok, au rythme
d’une valse à l’envers..